Le corps humain est une mécanique sophistiquée et fiable. Il doit assumer plusieurs fonctions pour nous assurer la station bipodale, l’équilibre, le geste, la parole et la pensée. Pour répondre à cette finalité de mouvement, le corps doit s’assurer une source d’énergie et en gérer la réserve de façon très parcimonieuse.

Trois lois régissent cette organisation.

1. L’équilibre : Équilibre physique, équilibre biologique (homéostasie), mais aussi équilibre mental. L’équilibre parfait, c’est-à-dire l’immobilité n’existe pas. L’équilibre est toujours relatif et ne peut être qu’actif, dynamique, rythmique.

2. L’économie : Les fonctions de base (respiratoire, circulatoire, digestive, statique, locomotrice) doivent consommer peu d’énergie. Il faut que le sujet préserve son capital vital pour s’exprimer et vivre à travers des échanges avec l’environnement. Sinon, il est fatigué, épuisé et n’éprouve plus aucune envie de bouger ou de communiquer. Il se replie sur lui-même.

3. Le confort : L’homme ne supporte pas de vivre avec des informations de douleurs. Pour vivre de façon confortable, le sujet va inventer des schémas de compensation qui mettront en évidence les relations « contenant-contenu » existant entre le contenant physique et le contenu viscéral, entre le contenant physique et le contenu psychologique. Dès qu’il y aura perturbation fonctionnelle sur le plan physique, viscéral ou psychologique, un schéma de compensation entraînera une modification structurelle par somatisation du problème au niveau du corps comme du visage. Il ne peut y avoir de déformation importante de la charpente sans influence profonde du contenu.

La complexité apparente de certains schémas vient de la diversité des problèmes ou de leur addition. Dans ce dernier cas, le corps superpose plusieurs schémas de base qui se combinent entre eux.

 

LA STATIQUE DE L’HOMME DEBOUT

1. La fonction statique doit être économique. Elle doit éviter l’épuisement qui annihilerait alors toute envie de communiquer avec le monde extérieur. Ce souci d’économie est prioritaire dans la physiologie humaine.

2. La solution adoptée doit être confortable afin de ne pas encombrer les voies proprioceptives.

En résumé l’homme cherche une statique économique et confortable.

 

LES OS

Les os, les muscles et le tissu conjonctif sont des matériaux qui construisent l’homme debout. Les os répondent à la station statique dans l’immobilité et le mouvement. Ces qualités sont indispensables pour assurer la locomotion.

 

LES MUSCLES

Les muscles de façon théorique n’assurent pas la statique. C’est un matériau qui dépense beaucoup trop d’énergie. De plus, un muscle n’est pas fait pour travailler de façon constante; or la statique de l’homme debout est une fonction permanente. Si le muscle est utilisé dans une finalité statique, il doit adopter un mode de contraction constante qui empêche se propre vascularisation. Ce déficit de trophicité entraine l’atrophie, la contracture, la fibrose. Le muscle évolue spontanément vers le conjonctif. Le conjonctif ne serait-il pas le matériau préférentiel pour la fonction statique?

 

LE TISSU CONJONCTIF

Gaines, fascia, lames, tendons, ligaments, capsules, tissus, aponévroses…Le corps n’est pas équilibre, mais en déséquilibre antérieur. La statique basée sur un déséquilibre antérieur apporte deux avantages.

Premièrement, une plus grande sécurité. La ligne de gravité est amenée en avant vers le centre du polygone de sustentation. Ce déséquilibre se gère plus facilement comme nos pieds, nos yeux, sont dirigés vers l’avant.  En cas de nécessité, on déclenchera un pas antérieur pour rattraper l’équilibre. Il faudra beaucoup plus de force pour rompre l’équilibre vers l’arrière. On sentira venir ces forces et elles seront beaucoup plus faciles à gérer. Il en est de même pour la maîtrise des instabilités latérales.

Deuxièmement, ce déséquilibre antérieur résout le problème de l’inertie des masses lors du début de la marche. La statique étant construite sur un déséquilibre antérieur, le corps pour compenser doit avoir des structures conjonctives anatomiquement importantes de la tête jusqu’aux pieds sur le plan postérieur pour nous stabiliser.

LA CHAÎNE STATIQUE POSTÉRIEURE

Elle est composée par :

  • Le ligament cervical postérieur (ligament nucal);
  • L’aponévrose dorsale;
  • L’aponévrose lombaire;
  • Le grand et le petit ligament sacro-ischiatique;
  • La gaine du pyramidal;

En profondeur par :

  • Le conjonctif externe et interne des obturateurs.
  • L’aponévrose du fessier

En superficie par :

  • L’aponévrose du fessier qui se termine en dédoublement postérieur de la bandelette de Maissiat.
  • Le fascia lata qui est la structure statique principale au niveau de la cuisse. Elle répond au déséquilibre antéro-interne. Elle sereine au tubercule de Gerry pour se continuer par :

Un trajet latéral

  • Les gaines et les cloisons de la loge externe;
  • Le péroné;
  • L’aponévrose interosseuse;
  • Les gaines et tendons des précaires;
  • L’aponévrose plantaire.

Un trajet postérieur

  • L’arcade du soléaire;
  • La lame du soléaire;
  • Le tendon d’Achille;
  • L’aponévrose plantaire.

La faux du cervelet et du cerveau est une structure intracrânienne en continuité de direction avec le ligament cervical postérieur. La faux du cerveau se terminant à la face endocrinienne de la suture métopique du frontal, et sur l’apophyse Crista galli de l’ethmoïde, on peut considérer que cette chaîne statique postérieure commence au niveau des fosses nasales, prend relais au niveau du sacrum, et se termine aux extrémités des orteils. Pour ne pas tomber vers l’avant, un appui hydropneumatique, hydraulique au niveau abdominal, pneumatique au niveau thoracique nous garde en équilibre. Le centre phrénique du diaphragme va s’appuyer sur les viscères abdominaux et créer cet appui par sa déformabilité, la possibilité de générer le mouvement. La chaîne d’extension, quand elle agit sur le tronc fléchi, le redresse, mais évolue vers la lordose générale. Si cette chaîne d’extension dynamique est recrutée pour des raisons statiques, la courbure lordotique sera valorisée. Le disque subira des contraintes postérieures constantes. Des expériences ont montré que le poids du corps a une influence minime sur le disque, comparé aux compressions provoquées par les contractions musculaires.

Le disque subit, même la nuit, ces tensions musculaires. Il ne se réhydrate pas sous l’effet des pressions postérieures constantes. D’où l’impossibilité pour le «chronique» de rester tard au lit le matin. Il se sent mieux après quelques mouvements, car le disque préfère les variations de pression qui en découlent. Mais avec les heures, les douleurs réapparaissent sous l’effet des surcharges de tensions. En fin de journée, il apprécie de s’allonger, car la suppression de quelques kilos provoquée par le décubitus, lui apporte un soulagement. Cependant, le poids du corps n’étant pas le problème majeur, les effets des tensions musculaires réapparaîtront avec l’immobilité. Le sujet aura un sommeil agité et alternera fréquemment ses positions pour dissiper ses douleurs. Le disque va dégénérer, ses fibres postérieures se fibrose. Les articulaires vertébrales vont s’installer dans un glissé convergeant. Si les apophyses épineuses sont en contact, on notera une arthrose interépineuse (Baastrup).

En position assise, la colonne lombaire est cyphosée et le patient ressent dans un premier temps un soulagement. Mais cette position, maintenue quelques dizaines de minutes ou plusieurs heures, est en réalité une posture excentrique. Cette « overdose » de posture déclenchera secondairement un réflexe de contracture paravertébrale. Cette réponse paravertébrale peut se faire immédiatement avec réveil de la lombosciatique dans un fauteuil, en voiture, ou décalée dans le temps avec réveil de la douleur par exemple 24 heures après un week-end « statique ». La chaîne d’extension est donc l’ennemie du disque quand elle est utilisée dans une fonction statique. Le disque va dégénérer, ses fibres postérieures vont se fibrose. Lors de la position fléchie, le nucléus aura plus de facilité pour rompre les lamelles postérieures et préparer une hernie discale en une ou plusieurs fois. Après être restées plusieurs minutes en flexion, par exemple pour du bricolage, les lamelles postérieures supporteront mal un effort de soulèvement même léger et pourront se fissurer. Il faut noter qu’un problème viscéral peut, par exemple, par réflexe viscéral somatique, déclencher une contracture sélective d’un étage vertébral en rapport avec le myélomére.

Ce réflexe viscéral somatique pourra entraîner :

  • Une raideur de cet étage avec possibilité de blocage récidivant;
  • Une lombo-sciatique, si un oedème dû à la compression s’installe dans le trou de conjugaison;
  • Un écrasement global du disque, en rapport avec le myélomère si le problème devient chronique.

En effet, l’écrasement postérieur sera complété par un écrasement antérieur du disque sous l’effet de la contracture abdominale associée au problème viscéral. Le spasme viscéral explique les tassements discaux sélectifs n’ayant aucun rapport avec le poids. En résumé, notre pratique nous prouve que les vraies hernies discales sont beaucoup plus rares que le scanneur ne le diagnostique. Par le traitement des chaînes musculaires, on obtient des résultats remarquables, durables, avec soulagement des contraintes discales (70 à 80 % des cas). Il est clair que la vraie hernie discale (20 à 30 % des cas) ne peut avoir qu’une solution chirurgicale. Encore là avec toute réserve.

Le fondateur Guy Voyer mit sur pied les ELDOA (élongation longitudinale à décoaptation ostéoarticulaire) pour travailler principalement sur la décompression vertébrale, pour ramener une meilleure irrigation de liquide aux disques vertébraux, pour décompresser les pincements nerveux et pour travailler la proprioception des articulations de la colonne vertébrale. Par sa vision globale du corps humain, cherchant à travers des chaînes faciales qui sont souvent la source de lésion, l’ostéopathie est une thérapie de choix pour traiter les hernies discales. Car elle travail sur la qualité du tissu cet à dire sur la densité, la vitalité et la mobilité. L’ostéopathe redonne une fonction de qualité au phénomène physiologique du corps tandis que les exercices ELDOA entretiens le corps et maintiens ces fonctions.

Pour la guérison d’une hernie, l’hydratation est primordial. L’eau est un solvant universel dont notre corps nécessite pour toutes les réactions physiologiques comme la dégradation et la synthèse des molécules chimiques responsable à la vie de nos cellules. Pour la hernie discale, l’eau va hydrater comme un lubrifiant les tissus à l’entour des disques intervertébraux. Par diffusion, l’eau va se rendre tranquillement aux disques intervertébraux pour l’hydrater. Un coup hydrater, l’eau agit comme une force gonflante du disque ayant pour résultat de contenir le noyau vertébrale à sa place respective à l’intérieur du disque intervertébrale. Les ELDOA est l’outil le plus important pour permette une décompression des vertèbres sur les disques.

Rédigé par Yan Rosa

Sujet principal de l’article tirée de:

  • Léopold Busquet D.O., Les chaînes musculaires, Tome 2, Lordoses – cyphoses – scolioses – et déformations thoraciques, quatrième édition revue actualisée, édition Frison-Roche 18, rue Gauphine — 76006 Paris 2002.
  • Note de cours de Guy Voyer de l’Académie Sutherland d’Ostéopathie du Québec (ASOQ).

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